Coronavirus. Une messe traditionaliste réunit une vingtaine de fidèles à Nantes

Des fidèles de la communauté intégriste Saint-Pie V se sont rassemblés ce dimanche 22 mars au matin dans la chapelle du Christ-Roi, rue d’Allonville, à Nantes. L’abbé Guépin revendique le maintien de cette messe malgré les consignes extrêmement claires d’interdiction de rassemblement.

Une messe a réuni au moins une vingtaine de fidèles ce dimanche matin dans une chapelle rue d’Allonville, à Nantes.
Une messe a réuni au moins une vingtaine de fidèles ce dimanche matin dans une chapelle rue d’Allonville, à Nantes. | 

Des riverains de la rue d’Allonville, à Nantes, se sont étonnés ce dimanche matin de voir des fidèles se rendre à la chapelle du Christ-Roi malgré les mesures strictes en vigueur de confinement, de restriction des déplacements et d’interdiction des rassemblements, y compris religieux, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

L’abbé Philippe Guépin préside l’association Saint Pie V, une communauté en rupture totale avec l’Église, qui ne reconnaît pas la légitimité du Pape.

« Médecin des âmes »

Joint au téléphone, il confirme que cette messe catholique, selon les rites traditionnels de l’Église a été maintenue.

Nous menons le combat contre cette pandémie avec le moyen le plus excellent, qui est la prière, explique-t-il. C’est comme ça que cela se passait autrefois. Lorsqu’il y a eu des épidémies de peste ou de choléra, la première chose que faisait la population, c’était de se rassembler dans les églises. Les gens ont un corps et une âme. Moi, je suis médecin des âmes.

Il assure qu’une vingtaine de personnes étaient présentes ce dimanche matin dans cet ancien hangar transformé en chapelle. Nous nous sommes retrouvés pour prier, assume l’abbé. Il y avait beaucoup moins de monde que d’ordinaire. D’habitude, la chapelle est pleine.

« Pas des voyous (sic) »

Je sais les décisions prises par les pouvoirs publics et il y aurait beaucoup à dire là-dessus, répond-il lorsqu’on l’interroge sur sa connaissance des mesures en vigueur. Ils nous font la morale alors que ce sont ces mêmes pouvoirs publics qui sont à l’origine de ce mal, accuse-t-il, refusant d’en dire davantage sur ce que recouvre cette phrase.

Il ne voit d’ailleurs pas ce qui pose problème avec ce rassemblement. Nous lui rappelons le risque de propagation du virus Covid-19. Certainement pas, assène-t-il. Ces fidèles sont des gens responsables. Ce ne sont pas des voyous (sic) !.

Il se targue par ailleurs d’avoir respecté les lois. Nous lui demandons de préciser sa pensée. J’ai appris que c’était permis jusqu’à 20 personnes. De qui tient-il cela ? On l’entend partout dans les médias. Ce n’est évidemment pas le cas.

Et de continuer : Nous avons respecté les règles sanitaires. Les fidèles étaient bien répartis, espacés de plusieurs mètres. Il y aurait eu 50 personnes que ça n’aurait pas créé plus de problèmes !.

L’abbé Philippe Guépin fait valoir qu’il n’est pas question d’abandonner et de laisser tomber les fidèles : je suis là pour leur donner le sacrement.

Décalage

Le maintien de cette messe est en total décalage avec les décisions immédiates prises par le diocèse de Nantes de supprimer toutes les messes et célébrations dès l’annonce des mesures gouvernementales pour freiner le développement de l’épidémie.

Pour rappel, un des épicentres de la propagation du coronavirus en France est un grand rassemblement évangélique organisé à Mulhouse dans la semaine du 17 au 24 février.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/coronavirus-une-messe-traditionaliste-reunit-une-vingtaine-de-fideles-a-nantes-8e15563e-6c4c-11ea-988a-1abf9d01f958