C’est une fausse exégèse que d’utiliser la Parole de Dieu pour valoriser les migrations


« Quand je suis allé en Pologne (en octobre 2017 ndlr), pays qui est souvent critiqué, j’ai encouragé les fidèles à affirmer leur identité, comme ils l’ont fait pendant des siècles. Mon message fut simple : vous êtes d’abord polonais, catholiques, et ensuite seulement européens. Vous ne devez pas sacrifier ces deux premières identités sur l’autel de l’Europe technocratique et apatride. La Commission de Bruxelles ne pense qu’à la construction d’un libre marché au service des grandes puissances financières. L’Union européenne ne protège plus les peuples. Elle protège les banques. 

J’ai voulu redire à la Pologne sa mission singulière dans le plan de Dieu. Elle est libre de dire à l’Europe que chacun a été créé par Dieu pour être placé en un endroit précis, avec sa culture, ses traditions et son histoire. Cette volonté actuelle de globaliser le monde en supprimant les nations, les spécificités, est une pure folie. Le peuple juif a dû s’exiler, mais Dieu l’a ramené dans son pays. Le Christ a dû fuir Hérode en Egypte, mais il est revenu dans son pays à la mort d’Hérode. Chacun doit vivre dans son pays. 

Comme un arbre, chacun a son sol, son milieu où il s’épanouit parfaitement. Il vaut mieux aider les gens à s’épanouir dans leur culture que de les encourager à venir dans une Europe en pleine décadence. C’est une fausse exégèse que d’utiliser la Parole de Dieu pour valoriser la migration. Dieu n’a jamais voulu ces déchirements.

Comment expliquer que tant de voix, dans l’Eglise, condamnent les pays qui tentent d’endiguer leflux migratoire ?

Les dirigeants qui parlent comme moi sont-ils aujourd’hui minoritaires ? Je ne le pense pas. Il existe beaucoup de pays qui vont dans cette direction et cela devrait nous amener à réfléchir ! Tous les migrants qui arrivent en Europe sont parqués, sans travail, sans dignité…C’est cela que l’Eglise veut ? 

L’Eglise ne peut pas coopérer avec cette nouvelle forme d’esclavage qu’est devenue la migration de masse. Si l’Occident continue dans cette voie funeste, il y a un grand risque que, faute de natalité, il disparaisse, envahi par les étrangers, comme Rome a été envahie par les barbares.

Certains, dans l’Eglise, semblent s’accommoder de faire une croix sur l’Europe. Vous écrivez au contraire que la paganisation de l’Europe entrainerait la paganisation du monde…

Dieu ne change pas d’avis. Dieu a donné une mission à l’Europe qui a accueilli le christianisme. Puis les missionnaires européens ont apporté le Christ jusqu’aux confins du monde. Et ce n’était pas un hasard, mais le plan de Dieu. Cette mission universelle qu’Il a donnée à l’Europe quand Pierre et Paul sont venus s’installer à Rome, à partir de laquelle l’Eglise a évangélisé l’Europe et le monde, elle n’est pas terminée. 

Mais si nous y mettons un terme en nous enfonçant dans le matérialisme, l’oubli de Dieu et l’apostasie, alors les conséquences seront graves. Si l’Europe disparaît, et avec elle les valeurs inestimables du vieux continent, l’islam envahira le monde, et nous changerons totalement de culture, d’anthropologie et de vision morale. »

Source :

Valeurs actuelles, n° 4296 du 28 mars au 3 avril 2019, extrait de l’entretien avec Laurent Dandrieu