Que chacun réfléchisse à partir de ces quelques éléments. « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais ÉPROUVEZ LES ESPRITS pour voir s'ils viennent de Dieu. » (1 Jn 4,1).

 

La « locution directe », « l’écriture automatique »: ne pas confondre avec l’inspiration divine. L’inspiration divine Le Concile du Vatican II, dans sa Constitution dogmatique « Dei Verbum » (1965) traite ainsi de l’inspiration et de la vérité des Écritures Saintes : « Les réalités divinement révélées qui, dans la sainte Écriture, sont contenues et exposées par écrit, ont été consignées sous le souffle de l’Esprit Saint.

En effet, les livres entiers, tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, la sainte Mère Église, de par la foi apostolique, les tient pour sacrés et canoniques, du fait que, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint, ils ont Dieu comme auteur et ont été transmis à l’Église comme tels. Mais, pour composer les livres saints, Dieu a choisi des hommes qu’il a employés (eux-mêmes usant de leurs facultés et de leurs forces propres), de sorte que, agissant Luimême en eux et par eux, ils transmettent par écrit, en véritables auteurs, tout et cela seulement que Luimême voulait. Donc, puisque tout ce que les auteurs inspirés, ou hagiographes affirment doit être tenu comme affirmé par l’Esprit Saint, il s’ensuit qu’il faut confesser que les Livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur, la vérité que Dieu en vue de notre salut a voulu consigner dans les saintes Lettres. C’est pourquoi « toute Écriture est inspirée de Dieu » (2 Tm 3, 16). »

Ne soyons donc pas dupes de l’iconographie nous montrant l’inspiration divine des auteurs sacrés des Livres Saints comme une dictée : on leur soufflerait d’en-haut le moindre mot à écrire… S’ils ont « usé de leurs facultés et de leurs forces propres », s’ils ont transmis par écrit « en véritables auteurs » la vérité biblique, comme l’affirme le Concile du Vatican II, il faut alors exclure deux procédés qu’on nous présente comme des procédés d’inspiration divine :

l’écriture automatique, et la locution directe.

L’écriture automatique ?

« L’ecriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du médium ́ pour communiquer avec le monde physique. L’écriture automatique n'est pas en tant que telle un phénomène paranormal. Ce terme désigne en fait le genre d'écriture inconsciente souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de faire émerger rêves, désirs, de l'inconscient. Les psychologues limitent l'écriture automatique à l'alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l'intervention du paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle dimension.

Les spirites eux, placent l'écriture automatique parmi les moyens de communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux; ceci est contrôlable par l'étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. » (encyclopédie Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Écriture_automatique)

Ce procédé est repéré dans certaines révélations privées comme celle Mme Vassula Rydén. Mais contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, le type de transmission des messages dont il s’agit ici n’a pas de précédent dans l’histoire de la spiritualité et de la mystique, que ce soit chez Thérèse d’Avila ou chez d’autres saints mystiques. Et de plus il est tout à fait vain d’essayer d’identifier l’écriture de Vassula Rydén et celle de Catherine de Sienne qui aurait écrit certaines lettres de sa propre main tout en étant analphabète : dans les deux cas, si l’on suit les défenseurs de Vassula nous serions en présence de l’écriture “guidée” d’une main qui s’actionnerait par elle-même.

Rien de plus erroné puisque la sainte (comme c’est arrivé aussi à Rose de Lima) s’est mise à écrire comme si elle avait toujours su le faire, en un instant, sans que sa main n’ait eu besoin d’être guidée continuellement par un agent extérieur. Tout comme le boiteux guéri par Jésus qui s’est mis à marcher avec ses jambes, se mettant en mouvement comme s’il avait toujours marché : il ne fut pas transformé en une marionnette fonctionnant en vertu de l’action de quelqu’un qui tire les ficelles de l’extérieur. Ce même procédé est utilisé dans l’accueil de messages d’enfants décédés comme « Arnaud » (« Disleur Mamoune ») ou « Jean, messager de la lumière » (voir, hélas, Chrétiens Magazine) qui demande à son père : « Tous les matins, tu me consacreras une heure et demie de ton temps et par ce moyen d'écriture directe, j'aurai l'occasion de te dicter les instructions du Très Haut ». Et le père écrit et au fur à mesure, des mots, des phrases sortent de son esprit sous la forme d'une belle écriture bâton, mais cela ne dépend pas de lui. C'est Jean et les frères du ciel qui s'expriment. Le bureau n'existe plus, il ne sent plus son corps, le temps s'efface. Il est comme dans un ravissement le plus complet.

Ensuite c'est avec regret qu'il retrouve son corps et son environnement, mais il en est tellement heureux…

La locution directe ?

Lors de certains rassemblements de prière, les tenants d’une présence particulière de la Vierge Marie affirment que Celle-ci s’exprime DIRECTEMENT par la bouche de « la personne qui reçoit les messages » (en l’occurrence Marie-Pierre Lorre, aux Cénacles de Vallet).

C’est ce que j’appellerai, personnellement, la « locution directe »; celle-ci n’est que le pendant verbal de l’écriture automatique.

Heureusement, jamais l’inspiration divine n’abolit d’une façon aussi radicale le psychisme et la personnalité de l’écrivain sacré ou du prophète. Elle les respecte au contraire ! Des pistes à explorer dans ces cas-là * LE SPIRITISME. Allan Kardec, fondateur du spiritisme, dans son Livre des esprits (Introduction): « Les esprits exercent sur le monde moral, et même sur le monde physique, une action incessante ; ils agissent sur la matière et sur la pensée et constituent une des puissances de la nature, cause efficiente d'une foule de phénomènes. Les relations des esprits avec les hommes sont constantes. Les communications des esprits avec les hommes sont occultes ou ostensibles.

Les communications occultes ont lieu par l'influence bonne ou mauvaise qu'ils exercent sur nous à notre insu; les communications ostensibles ont lieu au moyen de l'écriture, de la parole ou autres manifestations matérielles, le plus souvent par l'intermédiaire des médiums qui leur servent d'instruments. Les esprits se manifestent spontanément ou sur évocation. » * L’HYPNOSE. N’oublions pas non plus la possibilité de son utilisation. « L’hypnose, en tant qu’elle est une sorte « d’ouverture médiumnique », peut ouvrir la personnalité d’un homme à quelque chose pouvant échapper au contrôle, souvent par le fait de la transgression des domaines immanents et intérieurs de sa personnalité. (…)

Cette possibilité est confirmée même par la pratique empirique ou médicale, quand dans la soi-disant hypnose clinique ou médicale – de façon totalement inattendue et même non désirée – se vérifient exactement les expériences liées à la réincarnation; celui qui participe à une telle expérience est convaincu d’expérimenter ses propres incarnations précédentes ou d’autres expériences de caractère spirite ». P. Posacki, s.j., « Actes du colloque de Hochaltingen 2003 », I.A.D. : La prière de délivrance et d’exorcisme. Éditions Bénédictines 2004, p. 12. Que chacun réfléchisse à partir de ces quelques éléments. « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais ÉPROUVEZ LES ESPRITS pour voir s'ils viennent de Dieu. » (1 Jn 4,1).

P. Dominique Auzenet recteur de la basilique Notre-Dame du Chêne décembre 2009.