Intercommunion : le cardinal Müller invoque  un devoir de désobéissance - 27 décembre 2018

Alors que l'épiscopat allemand se divise sur la question de l'accès des protestants à la communion eucharistique, l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé que les prêtres n'étaient pas tenus d'obéir à leurs évêques dans le cas où ces derniers commanderaient des actes contraires à la doctrine et à la pratique de l'Eglise.

« Tout prêtre peut et doit même refuser de donner la communion à un non-catholique, même si son évêque lui ordonne de le faire », a déclaré le cardinal Gerhard Müller, le 11 décembre 2018, dans un entretien accordé au site d’informations LifeSite. 

Cette mise au point de l’ancien préfet de la Doctrine de la foi intervient un mois après que l’évêque de Münster, Mgr Felix Genn, a déclaré - en sens contraire - qu’aucun prêtre n’avait le droit de refuser la communion à un protestant. 

Depuis la visite du pape François à l’église luthérienne de Rome (15 novembre 2015), où, interrogé par une protestante sur ce sujet, il avait répondu évasivement : « je n’oserai jamais donner la permission car ce n’est pas de ma compétence, parlez au Seigneur et avancez », beaucoup d’évêques se sont engouffrés dans ce qu’ils estiment être un blanc-seing donné à l’intercommunion. 

Le cardinal Müller rappelle qu’il existe des cas dans lesquels un prêtre doit résister à son évêque « comme le fit saint Paul face à saint Pierre », citant le passage de l’épître aux Galates (2, 11). Précisons que saint Paul n’était pas seulement prêtre, mais aussi évêque, et même apôtre, et qu’il se permettait de reprendre publiquement le premier pape, « parce qu’il ne marchait pas selon l’Evangile ». Mgr Lefebvre n’a pas agi autrement. 

En écho à cette prise de position, on relira avec intérêt l’entretien que l’abbé Davide Pagliarani, Supérieur général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, a accordé le 15 décembre 2018 au quotidien autrichien Salzburger Nachrichten, dans lequel il rappelle qu’il est « inconcevable que l’Eglise se soit trompée pendant deux millénaires et qu’elle n'ait trouvé la vérité sur ces questions qu’au cours des années du Concile, entre 1962 et 1965 ». 

Sources : Fsspx.news / La Porte Latine du 27 décembre 2018