DES SŒURS EN MAYENNE ENTRENT EN RÉSISTANCE CONTRE LE VATICAN

06h00 - 10 octobre 2018 - par C.T

Des Sœurs en Mayenne entrent en résistance contre le Vatican

Histoire peu banale entre la congrégation des Petites sœurs de Marie (dont une partie est à Saint-Aignan-sur-Roë) et les autorités religieuses. Le Vatican leur a lancé un ultimatum qui se termine le 7 octobre. A cette date, si elles ne cèdent pas, « nous serons mises dehors ».

 

La congrégation est composée de quatorze Sœurs basées à Saint-Aignan-sur-Roë. Elle est également présente à Arquenay et dans la région toulousaine. Au total, les Sœurs sont 39.
«L’ancien évêque de Laval Mgr Maillard nous avait expliqué que si nous restions des petits éhpad congréganistes isolés, l’état mettrait la main dessus. Qu’il fallait donc se regrouper avec d’autres et atteindre les 300 lits», expliquent les Sœurs et Marcel Mignot, le président du comité de soutien.

Ainsi, les Ehpad de Saint-Aignan, deux autres près de Toulouse et celui de Saint-Fraimbault-de-Lassay, en Mayenne s’unissent. «Mais un problème entre personnes a surgi». Un licenciement est alors prononcé à Saint-Fraimbault-de-Lassay. Il crée un tollé là-bas, mais pas du côté des Sœurs et du conseil d’administration du regroupement des éhpad qui voyaient là un bon moyen de repartir sur de bonnes bases.

Cependant, l’évêque Mgr Scherrer prône la scission entre les éhpad pour que Saint-Fraimbault retrouve son autonomie. Le conseil d’administration refuse. L’affaire est alors portée en justice et est remportée par les Sœurs.

Une première visite canonique «à charge»

S’ensuit une visite canonique de la congrégation des Petites sœurs en novembre 2016. Le rapport lu par Mgr Scherrer lui-même tombe sept mois plus tard, «ce qui est anormalement long». Il leur est très défavorable : «Il est mensonger, qu’à charge et même moqueur.»

Devant le conflit, le Vatican se saisit du dossier. Les sites des régions toulousaine et mayennaise sont revisités. Le second rapport du 30 juin « contredit le premier », selon le comité de soutien et les Sœurs mais «bizarrement, la décision reste la même» : on leur impose une nouvelle Supérieure générale. «Il est reproché aux Petites sœurs de trop prier, on veut aussi leur faire changer d’habit, etc. On veut les moderniser et les faire évoluer en les éloignant de leurs racines», indique Marcel Mignot.

Une mère relevée de ses fonctions

Les Sœurs décident de «résister». Résultat : le 4 juillet, Sœur Marie de Saint-Michel qui gère la congrégation est relevée de ses fonctions pour désobéissance. Le 7 juillet, les Sœurs envoient une supplique au dicastère. En vain. Dernière étape : un recours en contentieux à Rome. Il est accepté «puis la procédure a été arrêtée sans justification. Notre avocat italien n’avait jamais vu ça !»

Le 24 août, les Sœurs envoient une réponse collective de refus de l’arrivée de la nouvelle Supérieure générale (34 sur 39 la signent).

Depuis, il leur a été posé un ultimatum : si au 7 octobre elles n’acceptent toujours pas la nouvelle Supérieure générale «elles seront mises à la porte.» 
Si elles acceptent, les Sœurs ont peur que cette dernière mette en place la scission des Ehpad «qui les mettrait tous en grave danger.»

 

La réaction du diocèse

«La situation est difficile il est vrai. Tellement qu’elle est aujourd’hui dans les mains de Rome. Mais dès le départ nous avons été dans une situation d’ajustements et de préconisations et pas du tout dans le conflit ni les griefs », explique Véronique Larat, chargée de communication du diocèse. «Les ajustements d’ailleurs dont il est question avaient déjà été soulevés par Mgr Billé et Maillard, les prédécesseurs de Mgr Scherrer. Il s’est tout simplement positionné dans la continuité de ces derniers.» Et de conclure : «Les Sœurs sont très troublées de cette situation sur fond de désobéissance, beaucoup sont en souffrance. Nous en appelons toujours à une conciliation et à accepter que la commissaire pontificale nommée par Rome les rejoigne.»

 

Le maire derrière “ses” sœurs

Loïc Pène, maire de Saint-Aignan explique : «J’ai du mal à comprendre ce bras de fer. Les Sœurs ont tout mon soutien car je sais ce qu’elles représentent pour la commune. Elles sont bien intégrées et il est de l’intérêt local qu’elles restent présentes. J’ai bien conscience de tout ce qu’elles apportent. Tout ce qu’elles font d’ailleurs, elles le font bien. J’espère juste une fin heureuse à ce conflit et que l’Ehpad n’en ressorte pas fragilisé.»

 

Comité de soutien

Cette situation est rarissime mais pas inédite. «De tels cas ont déjà eu lieu, notamment en Italie où des congrégations ont été démantelées», expliquent les Sœurs et le comité de soutien qui a été créé. 
Il est présidé par Marcel Mignot. 122 personnes en font partie. Un site a été créé. Il a reçu près de 13 000 visites. La pétition lancée a même recueilli 1 572 signatures, sans publicité. Certains religieux ayant soutenus les Sœurs «ont été envoyés vers d’autres horizons...».

 

Présente depuis 53 ans

La Congrégation des Petites sœurs de Marie a été fondée en 1965 à Saint-Aignan-sur-Roë par Maria Nault, appelée mère Marie. Ce sont les Petites sœurs qui y ont créé l’éhpad. Les quatorze Sœurs y interviennent toujours. Impliquées dans la vie locale, elles tiennent aussi encore aujourd’hui une maison d’accueil pour les groupes ou étudiants qui viennent s’y ressourcer ou étudier . Enfin, elles aident aussi à la paroisse et organisent des pèlerinages en France ou à l’étranger.

 

Des Sœurs en Mayenne entrent en résistance contre le Vatican

Histoire peu banale entre la congrégation des Petites sœurs de Marie (dont une partie est à Saint-Aignan-sur-Roë) et les autorités religieuses. Le Vatican leur a lancé un ultimatum qui se termine le 7 octobre. A cette date, si elles ne cèdent pas, " nous serons mises dehors ".

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