ES 1025 ou les mémoires d´un anti-apôtre

ES 1025 ou Les Mémoires

d’un anti-apôtre, par Marie CARRÉ

Sans cesse réédité depuis sa première parution en 1972, ce roman a connu un succès considérable et bien mérité ! Marie Carré, sous la plume d’une infirmière, dévoile l’identité et la mission d’un étrange élève séminariste. Ce Michaël en question a été chargé par les instances du Parti Communiste d’infiltrer les milieux catholiques et surtout le milieu clérical, et le voici propulsé au séminaire ! Marie Carré nous a toujours soutenu que si le récit était romancé, il était largement emprunté à divers témoignages qu’elle a compulsés. Découvrez cet ouvrage exceptionnel où tout ce que l’on pouvait imaginer de pire en 1972 est réalisé aujourd’hui…

 

Quelques extraits :

 

« Je ne suis qu’une infirmière et j’ai vu ; dans un pays que je ne nommerai pas, dans un hôpital qui doit rester anonyme, j’ai vu mourir, des suites d’un accident d’automobile, un homme sans nom, sans nationalité, je veux dire : sans papiers. Cependant, il avait, dans son cartable, des documents que je fus bien obligée d’examiner. L’un d’eux commençait par ces mots :

 

“ Je suis l’homme sans nom, l’homme sans famille, sans patrie et sans héritage ” (…)

 

« Mon intelligence nettement supérieure ne retenait que les valeurs et savait même critiquer en secret et avec un indéniable amusement les plus grands professeurs. Mon amour pour les doctrines athéistes, qui sont la base et le fondement du Parti, exaltait mon zèle, qui n’était pas petit. (…)

 

« Je vois l’Église catholique comme une sphère. Pour la détruire, il faut donc l’attaquer en de nombreux petits points jusqu’à ce qu’elle ne ressemble plus à rien. Il faudra savoir être très patients. J’ai des tas d’idées qui peuvent paraître, au premier abord, mesquines et puériles, mais je soutiens que l’ensemble de ces mesquines puérilités deviendra une arme invisible d’une grande efficacité. (…)

 

« Je prophétisai donc avec assurance, afin que cela soit répété sur ce ton-là, la suppression du latin, des ornements sacerdotaux, des statues et images, des cierges, des prie-Dieu (afin qu’ils ne puissent plus s’agenouiller). Et je fis faire une campagne très active pour la suppression du signe de croix. Ce signe n’est pratiqué que dans les églises romaines et grecques. Il est temps qu’ils se rendent compte qu’ils offensent les autres qui ont pourtant autant de qualités et de sainteté qu’eux. Ce signe, ainsi que les génuflexions, sont autant d’habitudes ridicules.

 

« Je prophétisai également, et nous n’étions qu’en 1940, l’abandon des autels, remplacés par une table absolument nue, et l’abandon de tous les crucifix afin que le Christ soit considéré comme un homme et non comme un Dieu.

 

J’insistai pour que la Messe ne soit qu’un repas communautaire où tous seraient invités, même les incroyants. Et j’arrivai à cette prophétie : le baptême, pour l’homme moderne, est devenu une cérémonie ridiculement magique. Qu’il soit par immersion ou non, le baptême doit être abandonné en faveur d’une religion adulte. (…)

 

« Cette année-là, je travaillai avec ardeur à la composition d’un nouveau catéchisme qui pourrait convenir à l’Église universelle, telle que je voulais la voir s’établir dans le monde entier.

 

Façonner l’esprit des jeunes enfants est une nécessité vitale pour toute doctrine qui se respecte. Enseigner l’athéisme dès l’enfance est important car le mystérieux des doctrines religieuses laisse une certaine nostalgie, sauf chez les êtres vraiment supérieurs dont je suis. »

##nothumbs##