31 mars 2017

La nouvelle version du Notre Père entrera en vigueur finalement pas ce mois-ci mais le premier Dimanche de l'Avent 2017 .

les évêques ont pris par vote les décisions suivantes :
L’entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père dans toute forme de liturgie publique le premier dimanche de l’Avent 2017 (soit le 3 décembre 2017) ;

Personnellement le " Ne nous soumets pas à la tentation " que les fidèles ont accepté sans sourciller, n'a jamais été prononcé par moi. Je me réjouis donc, même si le " Ne nous laisse pas succomber à la tentation", reste ma préférence, cela sera mieux d'entendre " Ne nous laisse pas entrer en tentation" que la première traduction qui a choqué nombres de catholiques .

Étonnant ce " tutoiement " en public du Notre Père, alors que l'on vouvoie la Sainte Vierge dans le " Je vous salue Marie ...

Reste ce , " comme nous pardonnons "Aussi " ....  Au lieu de " A ceux " ...

Oui oui, nous pardonnons aussi ...Que nous sommes donc charitables ....

La véritable cause du problème vient d'une difficulté de bien traduire une nuance subtile du Notre Père. Elle a été mise en évidence par l'abbé Jean Carmignac en 1969 puis par l'exégète Jean Delorme et enfin par le professeur de l'école biblique de Jérusalem, Raymond-Jacques Tournay en 1995. Il y a un piège grammatical dans l'araméen, que l'hébreu renforce touchant le verbe «soumettre». Selon le contexte de la phrase, et la date de son usage dans l'ancien ou le nouveau Testament, il revêt trois sens différents: «soumettre», «mettre à l'épreuve» ou «tenter» (dans le sens de pousser directement au mal). En français donc, la traduction littérale la plus stricte - «soumettre» - s'est révélée, à l'usage, fausse sur le plan théologique: Dieu, selon les théologiens, ne pouvant être la cause du mal. La traduction nouvelle «ne nous laisse pas entrer en tentation» est sans doute moins proche du texte original mais elle est plus juste sur le fond: elle indique, selon ces différents théologiens, que Dieu tolère effectivement la «tentation». Mais en vue, assurent-ils, de préserver - et de renforcer- la liberté de l'homme, de pouvoir dire non au mal."

L'Eglise protestante unie de France (EPUdF), qui réunit luthériens et réformés, a elle aussi validé ce changement, lors de son synode national du printemps 2016. Il semble que cette traduction gênante ait été proposée pour la première fois par un protestant dans les années 1920

"Cette formulation malencontreuse, désormais corrigée, a laissé penser depuis 1966 où elle est entrée en vigueur - au grand dam des milieux traditionalistes qui s'y sont toujours opposés - que «Dieu, infiniment bon et source de toute bonté, puisse pousser l'homme au mal et au péché» explique le P. Frédéric Louzeau, théologien, auteur d'un remarquable ouvrage récent sur le sujet (La prière du mendiant, l'itinéraire spirituel du «Notre Père», éditions Parole et Silence - Collège des Bernardins). Un contresens total, donc, «blasphème» pour certains qui préféraient la formulation «Ne nous laissez pas succomber à la tentation».

Bastiano

 

http://www.eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/437203-assemblee-pleniere-de-printemps-communique-final/