TROIS PRIVILEGES

Méditation :

Le pieux chancelier de l'université de Paris, le grand et célèbre Gerson, avait une dévotion toute spéciale envers l'auguste père nourricier de Jésus. Dans un des sermons qu'il composa en l'honneur de Saint Joseph, ce grand homme qui avait beaucoup étudié les Pères et la tradition, énumère trois privilèges spéciaux comma ayant été attribués par Dieu à St Joseph, en prévision de la sublime mission qu'il devait remplir un jour sur la terre.

Le premier de ces privilèges fut d'être sanctifié dès le sein de sa mère. En effet, si Jérémie fut privilégié de cette grâce parce qu'il devait être le grand prophète des lamentations, si Saint Jean-Baptiste reçut cette faveur en sa qualité de précurseur de Jésus-Christ, à combien plus forte raison convenait-il qu'il fut purifié de la tâche originelle et sanctifié dans le sein de sa mère, celui qui devait servir de père au Sauveur et devenir l'époux de la Reine des Vierges ? Comment aurait-il pu être traité avec moins d'amour et de miséricorde que les deux saints personnages dont nous venons de parler ?

Le second privilège de Saint Joseph fut d'être en même temps confirmé en grâce, et de n'avoir jamais le malheur d'offenser Dieu grièvement, tant le Seigneur avait fortifié son esprit et sa volonté par des secours extraordinaires, afin d'achever et de perfectionner le bel ouvrage qu'Il avait commencé en lui, au même instant où il l'avait purifié de la tâche originelle.

Enfin, le troisième privilège de saint Joseph fut d'être toujours exempt des mouvements de la concupiscence. Et, chose consolante pour notre faiblesse, cette grâce, Saint Joseph, par les mérites de sa pureté, a coutume d'en rendre participants ses pieux serviteurs, en les délivrant des appétits charnels et des mouvements désordonnés. Voilà pourquoi on l'appelle le patron de la pureté.

Résolution :

Invoquer le nom de Saint Joseph dans les tentations contre la sainte vertu de pureté.

Exemple : la protection de l'angélique Saint Joseph

Une personne avait eu le malheur de commettre un péché grave contre la plus belle des vertu. Mais, la mauvaise honte retenant l'aveu sur ses lèvres, elle profana les sacrements. Dès lors, sa conscience déchirée par de cruels remords, lui fit expier ses crimes. Sans repos ni le jour ni la nuit, se voyant sur le bord de l'enfer, elle détestait sa coupable faiblesse, elle maudissait l'infâme plaisir, cause de son malheur, sans pouvoir néanmoins se résoudre à en faire l'aveu, qui aurait terminé ses peines. Dans cette perplexité, l'heureuse idée lui vint de s'ouvrir à Saint Joseph. Elle récita dévotement pendant neuf jours l'hymne des vêpres et l'oraison de son office. A peine cette salutaire pratique terminée, elle fut délivrée de sa fausse honte. Elle confessa son affreux péché non seulement sans répugnance, mais avec bonheur, et là finirent toutes ses peines. Convaincue par cette expérience, elle prit sur elle l'image de Saint Joseph avec l'intention de ne s'en séparer jamais. Depuis ce moment, elle vainquit facilement toutes les mauvaises tentations, et elle reçut tant de grâces qu'elle avouait au Père De Barry ne pouvoir jamais les reconnaître suffisamment. (Dévotion à saint Joseph)