LES ENTRETIENS DE MAZARETH

Méditation :

A Nazareth, dit saint Alphonse de Liguori, les entretiens ne roulaient que sur l'amour que les hommes doivent à Dieu et sur celui que Dieu a témoigné aux hommes. Jésus surtout devait merveilleusement développer ce thème inépuisable, en rappelant à ses saints parents comment Dieu le Père avait envoyé son Fils unique sur la terre pour y vivre et mourir dans une abîme de douleurs et d'igniminie, afin de sauver le genre humain. 

Avec quelle abondance de larmes, continu les saint auteur, Marie et Joseph si bien instruits tous deux des divines Ecritures, devaient s'entretenir, en présence de Jésus, de sa douloureuse passion et de sa mort ! Avec quel attendrissement, ces deux saints époux ne devaient-ils pas se dire que leur Fils bien-aimé serait, selon l'expression, d'Isaïe, l'homme de douleur et d'opprobre. Ce prophète leur avait appris que les ennemis du sauveur devaient tellement le défigurer que toute sa beauté présente disparaîtrait et qu'Il serait vraiment méconnaissable. Ses chairs, se disaient-ils encore, seront tellement labourées et déchirées par les coups de fouet, qu'Il apparaîtra comme un lépreux tout couvert de plaies et de blessures. Et leur bien-aimé devait souffrir tout cela avec patience, sans jamais ouvrir la bouche pour se plaindre d'aussi mauvais traitements ; il devait se laisser conduire à la mort comme un tendre agneau qui va tremblant et muet à la boucherie où on le traîne. Finalement, Joseph et Marie, voyaient ce doux Jésus suspendu à ce bois d'infamie, entre deux larrons, et là ils assistaient à l'avance à cette mort lente et cruelle que Jésus devait souffrir à force de tourments et d'opprobres.

Pesez toutes ces choses et tâchez de sentir les affections de douleur et l'amour que de pareils entretiens devaient faire naître dans le coeur si tendre de Saint Joseph.

Résolution :

Méditer souvent la Passion de Notre-Seigneur en union avec les sentiments que Joseph éprouvait en s'en entretenant avec Marie et Jésus de Nazareth.

Exemple : une douce conversation

On lit dans les légendes de l'Ordre de St François, que la vénérable Pudentienne Zagnoni, qui fut très dévote à Saint Joseph, eut le bonheur de voir, au moment de sa mort, le saint s'approcher de son lit avec Jésus au bras. Elle se mit alors à parler tantôt avec St Joseph, tantôt avec Jésus, les remerciant de cette grande faveur. Ce fut dans cette douce compagnie qu'elle rendit doucement son âme à Dieu. (St alphonse de Liguori)