L'EGYPTE

Méditation :

Voilà donc Saint Joseph en Egypte ! Il y passe sept années, sept longues années de souffrances, de privations, d'épreuves, sept années d'exil ! Oh ! Que ne dut pas souffrir ce coeur si tendre, cette âme si pure, ce juste, au milieu des Egyptiens ! C'était un peuple idolâtre et Joseph savait que le vrai Dieu habitait corporellement en Egypte ! Dieu était au milieu de cette nation, et elle ne le savait pas ! Jésus était méconnu : il assistait triomphe du démon, il était témoin des victoires de ses ennemis !

C'était un peuple de barbares sous des dehors policés, il y avait dans le coeur des habitants de l'Egypte un fond d'égoïsme brutal qui leur faisait mépriser les gens pauvres et sans doute humilier bien des fois la Sainte Famille. C'était un peuple étranger. Ah ! Ne pas voir Jérusalem, ne pas assister aux solennités du vrai Dieu ! Pour cette âme juste et fidèle, quelles privations ! Et puis, ces hommes étaient à l'égard de Joseph, durs comme des étrangers le sont trop ordinairement à l'égard de ceux qui viennent implorer leur secours. Il n'i avait en Egypte, ni parents ni amis de Joseph qui aient pu l'assister.

Aussi, Saint Bernard nous apprend-il que, pour pouvoir nourrir sa pauvre épouse et ce Divin Enfant qui fournit leur nourriture à tous les hommes et à tous les animaux vivants sur la terre, le saint patriarche était forcé d'aller travailler nuit et jour, sans cesse ni relâche. La fatigue épuisait ses forces, mais il se réjouissait à la pensé qu'il lui était permis de se fatiguer pour son Dieu, de s'épuiser pour nourrir Jésus !

Résolution :

Quand la providence nous prive de la présence et de la compagnie de nos proches ou des nos amis, se consoler en unissant ce sacrifice à ceux que fit Saint Joseph pendant son séjour en Egypte.

Exemple : vision miraculeuse

La bienheureuse Véronique de Binasco, de l'ordre de Saint Augustin, eut une vision miraculeuse dans laquelle il lui semblait accompagner la Sainte Famille dans le voyage d'Egypte jusqu'à la fin, et Marie lui dit alors : "Ma fille, tu as vu les peines, les souffrances qu'il a fallu supporter pour arriver jusqu'au terme de notre voyage ; sache bien que les grâces du Ciel ne s'obtiennent qu'à semblable prix". (Le mois de Marie, traduit de l'italien)