25 mai 2016

Un lecteur assidu, dont son site se trouve dans mes " lien amis " ( Les Pères du Désert ) me communique ceci :

Cher Bastiano

Je vous envoi un texte d'une rare beauté et clarté sur ce que pense du yoga un moine du Mont Athos, lequel moine a comme on dit vue Dieu (Un grand mystère pour nous).

Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière et sur le yoga !

Question à un Ermite du mont Athos

Père, je voudrais que vous développiez ces différences dont je parlais précédemment, entre la prière et la méthode du Yoga, et que vous me montriez, d’après votre grande expérience, sa supériorité sue les religions Orientales.

 Cette question est très importante, mon enfant, et il y aurait beaucoup de chose à dire
 
1) Dans la prière s’exprime avec force la foi en Dieu qui a créé le monde, qui le gouverne et qui l’aime. C’est un tendre Père, qui s’intéresse au salut de son œuvre. Le salut s’obtient « en Dieu », et c’est pourquoi nous le prions en lui demandant « aie pitié de moi ». L’athlète de la prière spirituelle se trouve loin de toute auto délivrance ou auto déification – ce qui était justement le péché d’Adam, le péché qui a causé la chute. Adam a voulu devenir Dieu en dehors de ce que Dieu avait imparti, or le salut ne s’obtient pas par « soi-même et de soi-même » comme le disent les systèmes des hommes, mais « en Dieu »

2) Par la prière, nous ne luttons pas pour rencontrer un Dieu Impersonnel. Nous ne cherchons pas à nous élever vers le « néant absolu » ; mais notre prière est concentrée sur le Dieu personnel, le Dieu Homme, Jésus. De là la formule « Seigneur Jésus Christ fils de Dieu ». En Dieu se rencontrent les natures Divine et humaine, c’est à-dire tout Dieu le Verbe et tout l’homme. « En lui habite corporellement toute la plénitude de la Divinité » (Col 2,9). Quant à nous ; aimons le Christ et observons ses commandements. Accordons une grande importance à ce point : nous restons dans l’observance des commandements du Christ. Lui-même a dit « Si vous m’aimez, observez mes commandements ». (Jn 14,15). C’est en aimant le Christ et en observant ses commandements que nous nous unissons à la Trinité tout entière 

3) Par la prière spirituelle incessant, nous n’accédons pas à un état d’orgueil. Les systèmes dont nous venons de parler sont possédés par un certain orgueil. Non. Par la « prière » nous acquérons l’état bienheureux de « l’humilité ». En disant « aie pitié de moi » nous nous voyons pires que tous, nous ne méprisons aucun de nos frères. Celui qui a l’orgueil est un insensé.

4) Le salut, nous l’avons dit, n’est pas un état abstrait, mais une Union avec le Dieu Trinitaire « en la personne » de Notre Seigneur Jésus Christ. 

5) Sur le chemin qui mène vers la prière, nous acquérons la capacité de « discerner l’erreur ». Nous voyons et discernons les mouvements de Satan aussi bien que les énergies du Christ, c’est à dire que nous reconnaissons l’Esprit d’Erreur, qui bien souvent prend les apparences de l’Ange de Lumière. 

6) La lutte pour la prière est liée à la purification de l’âme et du corps de l’influence destructrice des passions. Nous ne désirons pas l’impassibilité des stoïciens, non pas la mort des passions, mais leur transformation : nous luttons pour nous réformer de ces déformations qu’a créés le Diable. Sans ce combat personnel avec l’aide de la grâce du Christ, nous ne pouvons pas nous sauver.

7) Par la Prière, nous ne cherchons pas à conduire l’esprit au néant absolu, mais à le faire entrer dans le cœur, et à apporter la grâce de Dieu dans l’âme, d’où elle se communique au corps. « Le Royaume de Dieu est en nous » Selon l’enseignement de L’Eglise, le corps n’est pas mauvais. Ce qui est mauvais, c’est l’orgueil de la chair. Nous ne cherchons donc pas la ruine du corps, mais nous combattons le culte du corps. Nous ne voulons pas non plus la ruine de la vie. Nous ne cherchons pas à en arriver au point de ne plus désirer la vie pour faire cesser la douleur. Nous nous exerçons à la prière parce que nous avons soif de vivre, et que nous voulons vivre éternellement avec Dieu

8) Il n’existe pas pour nous d’indifférence à ce monde qui nous entoure. Les différents systèmes dont nous avons parlé évitent de penser aux problèmes des hommes, afin de conserver leur paix et leur impassibilité. Nous, nous recherchons le contraire : nous intercédons continuellement POUR TOUS !! D’ailleurs le salut est l’union avec le Christ, cependant que nous sommes en communion avec tous les hommes ! Nous ne pouvons pas nous sauver seuls. Une joie qui n’appartiendrait qu’à nous, sans être celle du monde ne serais pas une vraie joie

9) Nous n’accordons pas un grand intérêt aux méthodes psychosomatiques ni aux différentes positions du corps. Nous admettons, certes que certaine peuvent aider à concentrer l’esprit dans le cœur, c’est à dire dans son essence, à condition de cesser aussitôt de les pratiquer. Mais je le répète : nous ne cherchons pas pour nous même l’impassibilité, mais à acquérir la grâce Divine.
Père, je vous remercie beaucoup pour toutes ces explications et pour la clarté quelles apportent. Elles tiennent leur importance du fait que c’est de vous « qui les vivez » qu’elles viennent. 

Question
Mais est-ce seulement la prière « Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi » qui permet d’obtenir la purification et le salut ?

 Toute Prière a une Immense Puissance. Elle est un cri de l’âme. Dieu aide selon l’ardeur de la Foi. C’est par exemple la prière liturgique ou la prière personnelle

Merci à Patrick P