Qui sont les Pharisiens et les Sadducéens de notre temps? Nous pouvons le dire avec une certitude tranquille. Ce sont tous ceux qui avant, pendant et après le Synode ont essayé et essayeront de changer les pratiques de l'Eglise et, à travers la pratique, sa doctrine sur la famille et le mariage.
Jésus proclamait l'indissolubilité du mariage, en la fondant sur la restauration de cette loi naturelle dont les Juifs s'étaient éloignés, et il la renforçait en élevant le lien du mariage à un Sacrement. Pharisiens et Sadducéens refusaient cet enseignement, niant la parole divine de Jésus, à laquelle ils substituaient leur propre opinion. Ils se réclamaient faussement de Moïse, de même que les novateurs d'aujourd'hui se réclament d'une prétendue tradition des premiers siècles, faussant l'histoire et la doctrine de l'Eglise.

C'est pour cela qu'un vaillant évêque défenseur de la foi orthodoxe, Mgr Athanasius Schneider, parle d'une «pratique néo-mosaïque» qui refait surface: «Les nouveaux disciples de Moïse et les nouveaux pharisiens, au cours des deux dernières Assemblées du Synode (2014 et 2015) ont caché le fait qu'ils avaient nié dans la pratique l'indissolubilité mariage et comme suspendu le sixième commandement sur la base du "cas par cas", sous un concept apparent de miséricorde, en utilisant des expressions comme "chemin de discernement", "accompagnement", "directives de l'évêque", "dialogue avec le prêtre" , "for interne", "une intégration plus peine à la vie de l'Eglise", pour indiquer une possible élimination de la responsabilité de la faute en cas de coexistence dans des unions irrégulières (cf. Rapport final, §§ 84-86)».

Les Sadducéens sont les novateurs qui affirment ouvertement le dépassement de la doctrine et de la pratique de l'Église, les Pharisiens sont ceux qui proclament l'indissolubilité du mariage avec leur bouche, mais la nient hypocritement dans les faits, proposant la transgression "au cas par cas" de la loi morale. 


Les vrais disciples de Jésus-Christ n'appartiennent ni au parti des néo-pharisiens ni à celui des néo-Sadducéens, tous deux modernistes, mais ils suivent l'école de saint Jean-Baptiste, qui prêchait dans le désert spirituel de son temps.
Le Baptiste, quand il stigmatisait les Pharisiens et les Sadducéens comme «race de vipères» (Mt 2, 7) et quand il admonestait Hérode Antipas pour son adultère, n'était pas dur de cœur, mais il était animé par l'amour pour Dieu et pour les âmes. Hypocrites et durs de coeur étaient les conseillers d'Hérode qui prétendaient concilier sa condition de pécheur et d'impénitent avec l'enseignement de l'Écriture. Hérode tua le Baptiste pour étouffer la voix de la vérité, mais la voix du Précurseur résonne encore vingt siècles après. Qui défend publiquement la bonne doctrine, ne suit pas l'exemple des Pharisiens et des Sadducéens, mais celui de saint Jean-Baptiste et de Notre Seigneur.

http://benoit-et-moi.fr/2015-II/actualite/pharisiens-et-sadduceens-daujourdhui.php