Souvenirs d'enfance, la mort de maman

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Aurelia Landi, la mère de Gemma, avait une foi profonde. Elle marquait la vie de son foyer par le rayonnement de son âme. A ce sujet, Elisa Galgani, sa belle-soeur, a rapporté certains détails : "Aurelia emmenait ses enfants à l'église où quelques fois ils assistaient à deux messes malgré leur jeune âge. Matin et soir, elle apprenait à prier à ses enfants, et aux aînés elle faisait faire une petite méditation...".

Cette mère était foncièrement bonne et ne voulait pas que sa piété soit un poids pour les autres. Mieux que quiconque, elle sentait vibrer l'âme de Gemma, et très tôt elle se mit à lui expliquer les grandes vérités de la Foi, l'amour de Dieu et combien le péché avait fait souffrir Jésus sur la Croix.

Gemma raconte dans sa biographie, l'attitude de sa chère maman : "Ce dont je me souviens en premier c'est que ma maman, alors que j'étais encore petite (moins de 7 ans), avait l'habitude de ma prendre dans ses bras et elle me répétait en pleurant

- J'ai tant prié Jésus de me donner une fille ; Il m'a exaucée, c'est vrai, mais un peu tard. Je suis malade et il me faudra bientôt te quitter. Oh ! Si je pouvais t'emmener avec moi ! Viendrais-tu ?

Je ne comprenais pas tellement mais je pleurais en voyant maman pleurer.

- Et où irions-nous, lui demandais-je ?

- Au Paradis, avec Jésus, avec les anges...

Ce fut maman qui commença, peu à peu, à me faire aimer le Paradis..."

 

Quel dialogue entre ces deux êtres éclairés intérieurement ! Dès lors, dans cette âme d'enfant, brillaient les premières lueurs du Paradis. Cependant Gemma ne pard pas sa spontanéité de petite fille et elle nous raconte ce souvenir qui nous la montre sous un jour imprévu : "Un soir, à la prière habituelle, maman me fit rajouter un DE PROFUNDIS pour les âmes du purgatoire, cinq GLORIA en l'honneur des plaies de Jésus. Je les ai dit, comme j'en avait l'habitude, avec ennui et sans attention et j'ai fait un gros caprice, me plaignant à maman que c'était trop et que je n'en avait pas le désir. La maman, les autres soirs, fit preuve d'indulgence et fit une prière plus brève".

 

Mais déjà une heure grave approchait, celle du départ de la maman. Depuis cinq ans une lente tuberculose consumait Mme Galgani et Gemma fut peu à peu contrainte de quitter sa chère maman. Sacrifice brûlant pour le coeur de cette enfant si sensible, mais le Seigneur devait progressivement maequer de son emprise celle qu'Il avait choisi pour revivre les douleurs de sa Passion.

En mai 1885, Gemma devait faire sa Confirmation à l'église Saint Michel, à Lucques : "Le temps où je devait faire ma Confirmation approchait. Je pensais recevoir un peu d'instruction car je ne savais rien ; mais moi, désagréable comme j'étais, je ne voulait pas sortir de la chambre de maman, et une dame (Isabella Bastiani, qui lui apprit en particulier, à méditer sur la Passion de Jésus) fut obligée de venir m'enseigner le catéchisme à la maison sous le rgard de maman".

Le 26 eu lieu la célébration et Gemma du quitter sa mère pour se rendre à l'église. Elle ne se doutait pas qu'en la comblant des dons de l'Esprit-Saint, le Seigneur la fortifiait pour lui demander un véritable sacrifice :

"J'écoutais de mon mieux la Sainte Messe et je priais pour maman, lorsqu'une voix me dit soudain au coeur :

- Veux-tu me la donner ta maman ?

- Oui, répondis-je, à la condition que Vous me preniez aussi.

- Non, reprit la voix, donne-Moi volontier ta maman et Je la conduirai au Ciel. Toi, tu dois rester avec ton père.

Il me fallut bien répondre affirmativement".

 

Après une brève amélioration, Aurelia se vit définitivement condamnée. Dans son coeur d'enfant, Gemma prévoyait le drame : "Je ne quittais jamais maman. A la fin, mon père qui craignait me voir mourir de douleur avant elle, me fit conduire chez un oncle, loin de Lucca... Oh ! Quelle douleur ! Je ne vit plus personne, ni père, ni frère et j'ai ensuite appris que maman était morte".

Pour Gemma, il n'y avait aucun doute, et lorsqu'elle aprit la triste nouvelle, elle s'écria : "Maman est au Paradis ! Pourquoi pleurer ? Elle a tant souffert et maintenant elle ne souffre plus !".

Chez Gemma, le travail de la Grâce prépare une perle de grand prix. Elle la transfigure intérieurement et la fait vivre dans la lumière de Dieu. Gemma avait fait à Dieu le sacrifice de l'objet le plus cher au monde, sa mère. Le mérite lui en était assuré au Ciel. Maintenant un chemin nouveau s'ouvrait à elle.

 

A suivre...

 

Extrait du livre "La folie de la Croix", l'ascension d'une âme, de jean-François VILLEPELEE

Gemma_Elisa

 

Qu'en tout la volonté de Dieu s'accomplisse