26 janvier 2014

Trois  livres sont importants pour les chrétiens catholiques

la Sainte bible ( celle du CH. Crampon )

L'imitation de Jésus Christ ( T.kempis)

Le combat spirituel ( Laurent Scupoli )

J'ai choisi de vous mettre des extraits de ce dernier qui fut  notamment le livre de chevet de Saint Fraçois de Sales :

 Je demandais un jour, dit Mgr Camus, évêque de Belley, au bienheureux évêque de Genève, qui estoit son directeur. Il tira de sa pochette le livre du Combat spirituel, et me dit : Le voilà; c'est celuy qui, avec Dieu, m'enseigne dès ma jeunesse, c'est mon maître aux choses de l'esprit et de la vie intérieure. Il écrit à sainte J.F. de Chantal : Le Combat spirituel est mon cher livre, que je porte en ma poche il y a bien dix-huit ans, et que je ne relis jamais sans profit. C'est un grand livre, lui dit-il dans une autre lettre. Et complétant l'éloge du Traité, il écrit à une dame : Lisés et relisés le Combat spirituel; ce doit être vostre cher livre, il est clair et tout pratiquable. Telle est, en résumé, la pensée du grand évêque. Comparant ailleurs l'Imitation de Jésus-Christ et le Combat Spirituel, il arrivait à conclure que, pour bien faire, il fallait lire l'un et ne pas omettre l'autre. Ils sont si briefs tous les deux, que leur lecture ne nous peut mettre en de grands frais. Il prisait très fort le livre de l'Imitation pour l'oraison et la contemplation, comme fort sentencieux, mais il estimait le Combat pour le regard de la vie active et de la pratique. (Abbé Fitte - Édition de 1895).

Des signes, on peut reconnaître si l'on a la défiance de soi-même et la confiance en Dieu



    Il arrive à certaines personnes de s'imaginer qu'elles ont acquis la défiance d'elles-mêmes et la confiance en Dieu, quoique ces vertus leur fassent entièrement défaut.

Vous jugerez si vous partagez leur erreur à l'effet que vos chutes produiront sur vous.

Si ces chutes vous troublent et vous chagrinent, si elles vous ôtent l'espoir d'avancer jamais dans la vertu, c'est un signe que vous n'avez pas mis votre confiance en Dieu, mais en vous-même ; et si votre tristesse est grande et votre désespoir profond, c'est une marque que vous avez beaucoup de confiance en vous-même et très peu dans le Seigneur.

En effet, celui qui se défie beaucoup de lui-même, pour placer son espoir en Dieu seul, ne s'étonne nullement de ses fautes ; il ne se laisse point aller au trouble et au chagrin, persuadé que ces fautes sont l'effet de sa faiblesse et de son peu de confiance en Dieu. Il trouve dans sa chute même une occasion de se défier de plus en plus de ses forces pour ne compter que sur le secours du Seigneur.

Plein d'horreur pour sa faute et ses passions déréglées, il conçoit de son offense une douleur vive, tranquille et paisible. Il se remet aussitôt à l'œuvre et reprend avec un redoublement de courage et d'ardeur la lutte qu'il faudra soutenir jusqu'à la mort contre l'ennemi du salut. Puissent ces choses être mûrement pesées par certaines personnes qui, après une chute, ne peuvent ni ne veulent se donner de repos, qui aspirent d'aller au plus tôt trouver leur père spirituel et cela en vue de se décharger de l'anxiété où les jette leur amour-propre, bien plus que pour tout autre motif ! Elles feraient beaucoup mieux de s'approcher du tribunal de la pénitence pour se purifier de leurs souillures, et aller ensuite puiser dans la sainte communion les forces nécessaires pour ne plus retomber dans le péché.

De l'erreur qui fait prendre à plusieurs la pusillanimité pour une vertu



      C'est une illusion commune à bien des gens que celle qui fait prendre pour vertu la crainte et le trouble qui s'empare de l'âme après le péché. Trompées par le sentiment de douleur qui se mêle à leur inquiétude, ces personnes ne s'aperçoivent pas que leur trouble naît d'un orgueil secret et d'une folle présomption.

Elles se confiaient dans leur propre force ; convaincues par l'expérience que cette force ; convaincues par l'expérience que cette force leur manque, elles se troublent, elles s'étonnent de leur chute comme d'une chose surprenante ; et, voyant renversé le frêle appui qui faisait leur assurance, elles se laissent aller au découragement et à la crainte.

Ce malheur n'arrive pas à l'homme humble qui se défie de lui-même et met son appui dans le Seigneur. S'il vient à commettre une faute, il la regrette amèrement, mais il ne s'en trouble ni ne s'en étonne, parce que le flambeau de la vérité qui l'éclaire la lui montre comme un effet naturel de sa faiblesse et de son inconstance.

 

De quelques avis utiles pour acquérir la défiance de soi-même et la confiance en Dieu



      Puisque la force qui nous fait triompher de nos ennemis naît principalement de la défiance de nous-mêmes et de la confiance en Dieu, voici quelques avis qui vous aideront, avec le secours de la grâce, à acquérir ces vertus. Apprenez donc et gravez profondément dans votre esprit cette vérité incontestable qu'il n'y a ni dons naturels ou acquis, ni grâces gratuites, ni connaissance si parfaite de la sainte Écriture, ni constance dans le service de Dieu, qui puisse nous faire accomplir sa sainte volonté si, dans les œuvres que nous entreprenons pour sa gloire, dans les tentations que nous avons à surmonter, dans les croix que la Providence nous envoie, notre cœur n'est aidé et élevé en quelque sorte au-dessus de lui-même par sa main tout-puissante.

Il faut donc que, durant toute notre vie, à chaque jour, à chaque heure, à chaque instant nous ayons cette vérité devant les yeux. De cette façon, jamais nous ne pourrons nous confier en nous-mêmes ; la pensée ne nous en viendra même pas. Pour ce qui regarde la confiance en Dieu, persuadez-vous bien qu'il renverse nos ennemis avec une égale facilité, qu'ils soient nombreux ou en petit nombre, qu'ils soient forts ou faibles, aguerris ou inexpérimentés. Qu'une âme donc soit chargée de péchés, qu'elle ait tous les défauts imaginables, qu'elle ait épuisé tous les moyens de se corriger de ses vices et de pratiquer la vertu et n'ait pu avancer d'un seul pas dans le sentier du bien, qu'elle se soit au contraire enfoncée plus profondément dans la fange du péché, ce n'est pas une raison pour désespérer de la bonté de Dieu, jeter les armes et abandonner les exercices spirituels.

Elle doit, au contraire, redoubler de courage et combattre généreusement : elle doit savoir que la victoire est promise à ceux qui persévèrent dans la lutte et mettent leur confiance dans le Seigneur. Si Dieu permet parfois que ses soldats soient blessés, jamais i ne les abandonne. Combattre, c'est là tout le secret de la victoire. Un remède est prêt pour chaque blessure, et ce remède guérit infailliblement ceux qui cherchent le Seigneur et espèrent en son secours. Le jour qu'ils y penseront le moins, ils trouveront leurs ennemis étendus à leurs pieds.

Un bon usage des puissances et premièrement qu'il faut tenir l'intelligence en garde contre l'ignorance et la curiosité



      Si la défiance de nous-mêmes et la confiance en Dieu sont nos seules armes dans ce combat, non seulement nous ne remporterons pas la victoire, mais nous nous précipiterons dans une infinité de maux.

C'est pourquoi nous devons à ces deux armes en ajouter une troisième que nous avons mentionnée plus haut: l'exercice de nos facultés. Cet exercice consiste principalement dans le bon usage de l'intelligence et de la volonté. L'ignorance cherche à obscurcir l'intelligence, à l'empêcher d'atteindre son objet propre: la vérité.

C'est l'exercice qui doit lui rendre la clarté et la lucidité requises pour qu'elle soit à même de bien discerner ce qu'elle doit faire afin de purger l'âme de ses passions déréglées et de l'orner des vertus chrétiennes. Cette lumière peut s'obtenir par deux moyens. Le premier et le plus important est l'oraison: il faut demander à l'Esprit Saint de répandre la lumière dans nos cœurs. Il ne vous refusera pas, si nous cherchons sincèrement Dieu et l'accomplissement de sa volonté, et si nous sommes disposés à soumettre en toute occasion notre jugement à celui de nos supérieurs.

Le second est une continuelle application de l'esprit à examiner les choses soigneusement et de bonne foi, pour les juger conformément aux enseignements de l'Esprit Saint, et non d'après le témoignage des sens et les maximes du monde. Cet examen convenablement fait nous convaincra que ce que le monde corrompu aime, désire et recherche avec tant d'empressement n'est qu'illusion et mensonge; que les honneurs et les plaisirs de la terre ne sont que vanité et affliction d'esprit; que les injures et les opprobres sont des sujets de gloire, et la souffrance une source de joie; que le pardon des offenses et l'amour des ennemis constituent la vraie grandeur d'âme et notre plus grand trait de ressemblance avec Dieu; que le mépris des choses d'ici-bas est préférable à l'empire du monde; que la soumission volontaire aux créatures, même les plus viles, pour l'amour de Dieu, est plus honorable que la domination exercée sur les plus grand monarques; que l'humble connaissance de soi-même est plus digne d'estime que la sublimité de la science; qu'il y a plus de gloire véritable à vaincre et à mortifier ses moindres passions qu'à prendre d'assaut des cités nombreuses, mettre en fuite des armées puissantes, opérer des miracles et ressusciter des morts.

Bastiano ( livres-mystiques.com )