Puisque selon la parole de l'apôtre Saint Jean(Apo XXII,7), rien de souillé ne peut entrer dans le ciel, il doit être bien petit le nombre de ceux qui, en quittant cette vallée de larmes, sont aussitôt reçus dans les tabernacles éternels. Dès lors, que de pauvres âmes gémissent dans les flammes du purgatoire, et réclament, pour en sortir, le charitable secours de nos prières !

Le leur refuser serait bien peu comprendre l'amour que nous devons à ces pauvres âmes, et que nous nous devons à nous mêmes.

C'est un devoir de charité à l'égard de ces pauvres âmes qui souffrent des tourments indicibles, qui ne peuvent rien pour leur propre délivrance, dont nous sommes l'unique ressource, et qui semblent tendre vers nous leurs mains suppliantes en s'écriant:  Ayez pitié de nous , vous au moins qui nous avez aimées, car le bras de la justice divine s'est appesanti sur nous (job XIX, 21)

De plus, plusieurs de ces pauvres âmes nous ont fait du bien quand elles étaient sur la terre, et se sont dépensées pour nous; c'est un père, une mère , des frères, des soeurs, des amis etc ...Nous leur devons de la reconnaissance, et nous serions coupables d'ingratitude si nous ne faisions notre possible pour les faire entrer au plus tôt dans le séjour des élus.quelques unes peut-être ne sont dans cette prison de feu qu'à cause de nous; nous les avons scandalisées,nous avons été pour elles une occasion de péché, et elles payent maintenant une dette que nous leur avons fait contracter nous-mêmes. C'est donc pour nous un devoir de justice de leur venir en aide.

Voici ce que disait le P Félix : 

O Frères ! O Soeurs ! O Amis ! Depuis si longtemps nous vous attendons, et vous ne venez pas, nus vous appelons et vous ne répondez pas, nous gémissons ,et vous ne nous consolez pas ! Hélas, tous ceux que nous avons aimés sur la terre nous ont abandonnées; nous pleurons au sein de cette sombre nuit, et il n'est personne pour nous consoler, personne pour prier, personne même pour se souvenir ...! 

Oh non , nous ne serons point sourds à des accents si déchirants, Il faut que pour les soulager, nous multiplions les prières, les bonnes oeuvres, les aumônes, gagner pour elles les indulgences , que nous fassions célébrer la Sainte messe.

Ces âmes une fois au ciel seront pour nous de puissants protecteurs, et une fois nous mêmes au purgatoire, le Seigneur saura se souvenir du bien que nous avons fait à ces âmes et nous délivrera promptement.

Fraternellement 

Bastiano