C'est une pratique simple et efficace pour notre salut, dont les promesses ont été données à Sainte Mechtilde par la Sainte Vierge.

Sainte Mechtilde (1241-1298), vierge de l'Ordre de Saint Benoît, est connue pour les communications divines dont elle fut favorisée et qui sont consignées dans "Le livre de la Grâce spéciale". Les révélations concernant cette pratique se trouve au chapitre XLVII de la première partie, dont la traduction est aussi littérale que possible d'après l'édition latine des Pères Bénédictins :

<< Des Trois Ave Maria à réciter, par lesquels chacun peut avoir l'assistance de la glorieuse Vierge Marie, à l'heure de la mort >>

Pendant que Sainte Mechtilde priait la glorieuse Vierge de l'assister à l'heure de sa mort, << Je le ferai certainement >> répondit la divine Vierge ; << mais toi de ton côté, Je veux que tu me récite chaque jour, trois Ave Maria >>

<< Par le premier, tu demanderas que, comme Dieu le Père, selon la munificence de sa Toute-Puissance, a exalté mon âme sur un trône de gloire, sans égale, au point qu'après Lui, Je suis la plus puissante au Ciel et sur la terre. Ainsi, Je t'assiste à l'heure de la mort pour te fortifier et repousser loin de toi, toute puissance ennemie >>

<< Par le second Ave Maria, tu demanderas que, comme le Fils de Dieu selon les trésors de son inscrutable Sagesse, m'a orné merveilleusement de science et d'intelligence, et m'en remplit tellement que Je jouis de la connaissance de la bienheureuse Trinité, plus que tous les Saints ensemble, et que comme un soleil brillant, J'éclaire tout le Ciel par la clarté dont Il m'a embelli. Ainsi, Je t'assite à l'heure de la mort pour remplir ton âme des lumières de la Foi et de la vrai Sagesse, de peur que ta foi ne soit obscurcie par les ténèbres de l'ignorance et de l'erreur >>

<< Par le troisième Ave Maria, tu demanderas que, comme le Saint-Esprit m'a rempli entièrement des douceurs de son amour et m'a rendu si aimable et  aimante, qu'après Dieu, Je suis la plus douce et la plus miséricordieuse. Ainsi, Je t'assiste à l'heure de la mort en remplissant ton âme d'une telle suavité de l'Amour Divin, que toute peine et amertume de la mort se change, pour toi, en délices >>

Telle est la révélation relative aux Trois Ave Maria, faite par la Reine du Ciel, avec promesse de la bonne mort, pour ceux qui y seront fidèles tous les jours.

En effet, bien que la promesse ait été faite à Sainte Mechtilde, elle convient à tous ceux qui emploieront le même moyen recommandé par notre Divine Mère pour obtenir une bonne mort, comme le donne à entendre le titre du chapitre.

 

Après Sainte Mechtilde, quelques Saints se sont fait les apôtres de cette sainte pratique : Saint Léonard de Port-Maurice, saint Alphonse de Liguori, Saint Antoine de Padoue ...

Le premier qui a le plus contribué à cette dévotion est Saint Léonard de Port-Maurice (1676-1751), missionnaire de l'Ordre Franciscain. Il y attachait une extrême importance, la recommandait à toutes sortes de personnes et insistait pour qu'on y soit fidèle, matin et soir, car à son avis de la régularité de cette pratique dépendait la sanctification personnelle, la grâce de la persévérance finale et le maintient dans la vertu.

Pour lui, le but de cette pratique est d'honorer particulièrement la Pureté Virginale de Marie, et son Immaculée Conception.

En priant ainsi la Sainte Vierge, il voulait qu'on demande, le matin, de ne pas pécher pendant le jour; et le soir, de ne pas pécher durant la nuit, il disait : 

<< Attention ! tous, car la chose est trop importante. Récitez chaque jour, matin et soir, trois Ave Maria en l'honneur de l'Immaculée Conception. Qui sait, si plusieurs qui ne font pas attention à ces choses ne seront pas, faute d'avoir appris à manier cette arme, vaincus pour toujours dans la lutte fatale qu'ils auront à soutenir au moment de la mort ? >>

 

Après Saint Léonard de Port-Maurice, le grand docteur de la morale Saint Alphonse de Liguori prend la relève. Lui aussi a reconnu l'importance de la pratique prônée par son prédécesseur et va lui donner un nouvel élan qui désormais ne s'arrêtera plus grâce à l'armée vaillante de missionnaires formés à son école.

Il dira dans sa Théologie Morale : << Parmi les pénitences généralement utiles à tous, citons en particulier celle-ci : Trois fois la salutation, le matin et le soir, en disant " Marie, ma Mère, venez à mon aide aujourd'hui pour que je ne commettre pas de péché ". Quant à moi, ajoute-t-il, j'ai coutume d'imposer comme pénitence, ou tout au moins conseiller cette pratique à ceux qui n'en ont pas l'habitude.>>

Il dira aussi : << Cette dévotion est utile à tous, aux dévots et aux pécheurs >>

Il insiste auprès des confesseurs et des parents, pour que les enfants soient fidèles à leurs trois Ave Maria et va jusqu'à faire un devoir aux parents d'y veiller. Même avant l'age de raison de leurs enfants, les parents doivent initier les à cette pratique pour les mettre très tôt sous la protection de leur Mère du Ciel. La très Sainte Vierge qui aime à être saluée et bénie par des langues enfantines, leur accordera de grandes grâces !

 

La Grâce de la bonne mort ou le bonheur du Ciel est le but suprême de cette sainte pratique. Lorsque nous disons : Le Ciel est ouvert ou assuré par les Trois Ave Maria, il s'agit d'une assurance morale basée sur l'enseignement de l'Eglise et sur les révélations privées, reconnues dignes de foi par l'Eglise. Cette pratique n'est pas un dogme de foi mais une pieuse croyance que chacun est libre d'admettre, mais on ne peut la condamner sans aller contre les plus fortes autorités de l'Eglise.

 

Les autres grâces liées à cette pratique sont également la fidélité aux devoirs d'état et la correction des défauts.

La perfection de cette pratique demande que l'on pense aux Trois Personnes Divines et que l'on remercie chacune d'elles des privilèges accordés à la Bienheureuse Vierge, en priant cette Bonne Mère de nous obtenir l'assitance du Père, du Fils et du Saint-Esprit, pendant la vie et surtout à la mort.

 

Alors à celles et ceux pour qui réciter le chapelet est pénible, pour ceux et celles qui ont la maladie du siècle du " Je n'ai pas le temps " ou tout simplement qui seraient un peu paresseux, je ne saurais vous conseiller cette dévotion salvatrice, en posologie : 2 fois par jour (matin et soir) et pour une durée indéfinie ...

Traitement à débuter immédiatement et dès le plus jeune âge ... Parents, à vous de jouer.